Publié par : Madame S | mars 24, 2011

Révélation

Dans les films, les révélations arrivent toujours aux personnages avec éclat. Une charge de violons, un coup de tonnerre au-dessus d’un ciel anthracite, des yeux affolés au milieu d’un visage en sueur.

Dans la vraie vie, dans la mienne du moins, les révélations se font de manière beaucoup plus silencieuse, comme une petite pousse printanière, verte et soyeuse. Un jour il n’y a que de la terre noire et le lendemain, elle est là, elle existe.

Depuis 30 ans, je vis avec l’idée d’avoir manqué ma chance de devenir écrivain. J’ai en effet longtemps pensé qu’au moment des grands choix, après le secondaire, j’avais pris le mauvais chemin. J’ai le souvenir de mon professeur de français, madame Chaîné, qui essayait de me convaincre d’aller en littérature et moi qui, avec l’assurance naïve de l’adolescence, avais ridiculisé sa suggestion parce que la littérature ne payait pas assez, qu’on ne pouvait pas vivre avec ça.

Naïve et romantique, je l’étais assurément. Je voulais devenir géologue pour explorer les terres vierges avec un beau scientifique. Passons.

Mais je suis toujours restée avec un doute sur ma vocation. J’aime écrire et j’aime lire. Les écrivains m’éblouissent et j’aurais bien aimé, moi aussi, avoir le même effet chez les autres. À la place, la vie m’a amenée à faire des études de marché.

Cela m’a longtemps perturbée.

Mais au cours des derniers mois, depuis que je suis à la Company B, une petite pousse verte et soyeuse a germé chez-moi. Je suis complètement, et de la façon la plus positive, absorbée par mon travail. J’ai hâte de rentrer au boulot le matin. J’ai des idées, des projets, des rêves.

Est-ce que je pense à mon demi-roman? Non. Est-ce que j’ai besoin de lui? Non. Pourquoi ? Parce que ma vie professionnelle me comble et, au fond, c’est de ça dont j’ai surtout besoin. Ça et un bon salaire.

Voilà donc qu’à l’aube de mes 50 ans, à mon insu, j’ai eu cette révélation. J’ai encore répondu, et exactement de la même façon, à la question de madame Chaîné. Trente ans plus tard.

Ça doit bien vouloir dire quelque chose.

Publié par : Madame S | mars 20, 2011

Entre deux bouchées

Je me souviens d’un couple d’amis qui nous parlaient de leurs adolescents, comment ils mangeaient et comment leur facture d’épicerie s’était mise à grimper jusqu’à la stratosphère. Je trouvais leurs petites histoires très drôles. Les pintes de lait qui disparaissaient en trois gorgées, les boîtes de biscuits entièrement mangés avant que le dernier sac d’épicerie ne soit rangé. La crème glacée, la préférée de maman avec de vraies pépites de chocolat noir qui … quelle crème glacée ? Il n’y avait plus rien dans le congélateur.

Et bien je suis rendue là. Drama Queen mange aux vingt minutes. Même quand elle était bébé, elle me laissait au moins deux ou trois heures entre les biberons. Là, c’est continuel. Et, bien entendu, elle préfère biscuits, crème glacée, chips et autres merveilles grasses et sucrées aux fruits et légumes. Ça va de soi.

Jusqu’à maintenant, on n’avait pas de règles très sévères concernant les collations. Quand ils étaient petits, je leur découpais des quartiers de pommes ou des raisins que je leur mettais dans un petit bol coloré. Ils mangeaient dans la salle de jeu ou devant la télé. Je n’avais qu’à ramasser les deux bols vides quelques minutes plus tard.

Je ne me doutais vraiment pas où cette attitude très “lousse” à propos de la nourriture dans la maison allait me mener. Une armoire à verres en-tiè-re-ment vide parce que tous les verres de tous les formats sont sales, éparpillés au sous-sol, dans sa chambre, sur la table du salon avec, au fond de chacun un petit rond de liquide quelconque. Des sacs vides de pattes d’ours (achetés pour mettre dans les boîtes à lunch) entre les coussins du sofa. Des bols gommés de crème glacée fondue ou avec un petit restant de Rice Krispies séchés sur les bords. Des assiettes sales. Des tonnes de boîtes à boire (également pour les lunchs) avec la paille machouillée encore dans le trou et abandonnées dans toutes les pièces. Ça se boit si vite ces petites boîtes-là. Et la poubelle est si loin.

Il fallait que je fasse quelque chose avant que des insectes de toutes les tailles ne nous envahissent. Surtout que la chaleur s’en vient.

J’ai donc établi une nouvelle règle dans la maison, en vigueur à la seconde où je l’ai exprimée puis écrite et collée sur le frigo: interdiction de manger et boire à l’extérieur de la cuisine ou de la salle à manger. Simple dites-vous ? Bien-sûr, pour vous qui appliquez cette règle pleine de bon sens depuis toujours dans votre maison remplie d’enfants bien élevés. Chez-moi, avec l’adolescente qui aime les drames, not so simple. 

Bien sûr elle m’a traitée de presque folle avec mes “maudites” règles (oui, son langage aussi est problématique). Normal cette résistence. Elle va trouver cela difficile au début mais il va falloir qu’elle s’y fasse. Pas le choix. Les règles sont les règles. Et comme ça fait 2,349,678 fois que je lui dis de ramasser sa vaisselle sale et ses déchets sans résultat, il était temps que je passe aux actes.

Sauf que cet après-midi, qu’est-ce que je vois sur la table de la salle de télé du sous-sol? La preuve qu’elle se fout de moi comme de l’an quarante : un sac de pattes d’ours. Vide. Elle m’a regardé droit dans les yeux quand je l’ai confronté avec le petit sac d’aluminium orangé. “Penses-tu que je vais passer mon temps dans la cuisine pour manger !? J’ai des choses à faire, moi !” m’a-t-elle répondu avec son air d’ado en me menaçant avec la mannette de la Wii.

En ce moment, elle n’a pas grand chose à faire. Elle niaise dans le salon, les mains vides en attendant le souper parce que le sous-sol est “off limits”. J’ai débranché la télé. Débranchée la Wii. Les règles sont les règles. Et la nourriture se prend dans la cuisine à partir de maintenant. Point à la ligne.

Publié par : Madame S | mars 13, 2011

Pause

Tenir un blog est un peu comme maintenir un régime ou aller au gym. Une fois qu’on manque quelques rendez-vous, qu’on s’écarte du plan, qu’on s’empiffre dans le chocolat, on remet ça. À quoi bon reprendre le régime un mercredi soir, alors qu’on a mangé une double portion de pâtes, trois tranches de pain italien et une pleine ration de patates ? On se dit, bof, aussi bien attendre lundi prochain.

Je m’en veux un peu. J’ai laissé traîné mon blog pendant deux mois pour toutes sortes de bonnes  raisons.

Bien sûr, il y a la nouvelle job à la Company B. Ça m’a vraiment mobilisée entièrement. Encore aujourd’hui, dimanche, j’ai passé 3 trois heures à travailler. Je ne peux pas m’en passer. J’aime ma nouvelle job. Elle me fait revivre. Autrefois, quand je me levais à l’heure des poules pour aller au 16e, je ne travaillais que pour le chèque. Maintenant, à la Company B, j’ai l’impression d’aller travailler pour moi. J’ai un défi à relever. J’ai des difficultés devant moi. Des choses à apprendre, à maîtriser. Pour la première fois depuis bien des années, je me suis fixé des objectifs professionnels. Et j’aime ça. Ça fait beaucoup de bien à Madame S. L’autre femme en moi, celle qui n’est ni mère, ni épouse. 

Et puis, à ma défense, on a eu beaucoup de soucis avec Drama Queen. Au moment où je vous parle, les choses se sont un peu replacées. Mais il y a trois ou quatre semaines, l’Époux et moi avons passé un très mauvais moment. On a reçu une missive du Collège nous signifiant qu’ils retenaient l’inscription de notre chérie. En juin seulement, il décideront s’ils la gardent pour la prochaine année. Ça nous a donné un coup. On a beaucoup discuté avec elle, essayé de lui faire comprendre que s’il elle n’améliore pas son comportement, elle continuera sa carrière scolaire à la polyvalente. Elle espérait qu’on l’inscrire dans un autre collège. Ça ne marche pas comme ça ma petite fille ! Premièrement, c’est toi qui doit changer, pas l’école. À l’autre collège, ou le gazon te semble si vert, il y a autant de règles, de devoirs et de professeurs pas cools. Deuxièment, l’autre collège ne te veut pas ! Ils savent quel dossier tu as ! Ils veulent garder leur rang dans le Billboard des Collèges. Et en secondaire 2, si une ou deux places se libèrent, ils ne les donneront pas à une élève avec ton dossier ma Drame Queen Chérie. Ils vont la donner à un élève qui a eu des problème à l’examen d’entrée mais qui au fond, a beaucoup de volonté, de coeur au ventre et qui, à leurs yeux, a plus de mérite que toi. C’est ça la vie ma belle.  Elle semble avoir compris et depuis trois semaines, elle n’a eu aucune note au dossier. On se croise donc les doigts jusqu’en juin.

 Et puis il y a autre chose. Une autre distraction. Au point où je pense sérieusement à m’inscrire dans un groupe de support du genre AA.

Je suis Madame S. Accro au iPad.

Voilà, c’est avoué.

Le soir, quand la vaisselle est faite, les enfants à leur affaire et l’Époux chez Nautilus, je m’enferme dans ma chambre avec mon iPad. Bien sûr je ne pense pas à vous ! J’en suis toute à mes émissions de télé que j’ai emmaganisées dans mon appareil dément ! Castle, Parenthood, Pillars of the Earth, 19-2, Brothers and Sisters, Off the Map, Survivor, nommez-là ! J’ai presque honte.  Mais en même temps, je suis comme celle qui a traversé le désert. J’ai été si longtemps à me coucher à l’heure des tout-petits ! J’ai tellement manqué de bonnes émissions de télé ! Je me reprends aujourd’hui. C’est ma revanche. Et je me laisse ce petit plaisir. 

Alors voilà en partie que qui m’a éloigné de vous.

Je pensais vous dire cela en deux ou trois phrases rapides. Voilà que je métends depuis plusieurs paragraphes. Et, je l’avoue, j’avais presque l’intention de vous dire adieu aujourd’hui. Je pensais que je n’avais plus besoin de vous. Je me rends compte que non. À voir la longueur de mon billet que je voulais expéditif, j’avais tout faux. J’ai besoin de votre oreille. J’ai besoin de vous.

Je reviendrai donc. Et j’espère que vous serez là.

Publié par : Madame S | février 5, 2011

Mes patates de sofa

Je ne sais pas pour les vôtres mais mes enfants passent beaucoup trop de temps devant la télévision. Surtout Drama Queen. Elle peut passer des heures entières couchée sur le sofa à regarder Vrak TV quand ce n’est pas une autre émission débile sur Canal Vie comme celle où l’on échange les mères de famille. Quand on lui demande de fermer la télé et de faire autre chose (comme ses devoirs par exemple), elle nous pique toujours une crise parce que c’est toujours “son émission préférée”.

Plus ils grandissent, plus c’est difficile de contrôler le temps qu’ils passent devant l’écran et ce qu’ils écoutent. On travaille, on fait nos choses et on ne peut pas toujours être au-dessus de leur épaule. Quelquefois, même, on pense qu’ils regardent des chaînes avec des émissions pour leur âge, comme Musique Plus par exemple, on se rend compte qu’en soirée, ça se dégrade royalement.

Ça fait plusieurs mois que j’y pensais et, aujourd’hui, j’ai décidé de passer à l’action. J’ai appelé Vidéotron et j’ai changé entièrement notre éventail de chaînes. J’ai pris les chaînes de base bien sûr (Radio Canada, TVA, Télé Québec…) et toutes les autres que j’ai choisies sont… En anglais !

Je me suis dit qu’ils se tanneraient beaucoup plus vite de l’écran comme ça. Et s’il leur prenait l’envie de faire encore la patate de sofa, et bien ils apprendraient au moins l’anglais.

Le Docile a été le plus choqué des deux. Il a même boudé un peu cet après-midi : il s’est habillé et est allé dehors. Il a passé une heure dans la cour à jouer avec la chienne et à se faire des chemins dans la neige avec la pelle. Ensuite, pour me punir encore plus, il a décidé d’aller au parc. Il y a passé le reste de l’après-midi.

En ce moment, il est assis au salon avec le reste de la famille. Il a de belles joues roses et les cheveux aplatis par la tuque qu’il a porté tout l’après-midi. On est ensemble pour regarder un film sur ShowCase. En anglais, mais en famille.

I rest my case.

Publié par : Madame S | janvier 23, 2011

Évolution et examen de science

Si j’avais eu le temps d’écrire un billet cette semaine, je vous aurais parlé de Drama Queen. Je vous aurais raconté comment elle m’a bien eue lundi dernier. Elle m’a appelée au bureau vers 13h15 pour me dire qu’elle ne se sentait pas bien, qu’elle avait mal au coeur et mal au ventre. Habituellement, je peux facilement lire le visage de mes enfants et savoir s’ils me content une romance, s’ils font semblant d’être malade juste parce qu’ils ne veulent pas aller à l’école ou chez leur grand-mère maternelle (vous savez, la vieille bique). Mais au téléphone, c’est plus difficile.

Alors je lui ai laissé le bénéfice du doute et suis partie la chercher à l’école après être passée dans le bureau de mon patron avec la sacoche d’ordinateur sur l’épaule pour lui expliquer que j’avais une urgence familiale et que je travaillerais de la maison.

Je l’ai trouvée assise dans le hall d’entrée de l’école, un petit air misérable au visage. Ses joues étaient pourtant relativement roses pour quelqu’un qui était censé avoir mal au cœur. Une fois dans l’auto, je lui dit qu’en arrivant à la maison, elle pourrait aller se reposer, faire une sieste peut-être ? Elle m’a fait une petit oui de la tête en pinçant les lèvres.

Et, ajoutais-je, avais-tu quelque chose d’important cet après-midi ? Bof, qu’elle me répondit, j’avais un test de science…

Ha, ha !!!! La petite ratoureuse ! Elle m’a bien eue !

Mais je ne l’ai pas confrontée. J’ai préféré la laisser aller au bout de son expérience et de vivre les conséquences d’avoir raté un examen. Une fois à la maison, elle m’a demandé de lui faire une soupe au poulet. Tiens donc, me suis-je dit, elle mélange les symptômes, la pauvre. Elle prend maintenant les allures d’une enrhumée.

J’ai laissé faire, espérant que l’école ne laisserait pas passer l’occasion de lui faire reprendre son examen. Samedi matin peut-être? J’ai fini mon après-midi en travaillant sur le portable. Au souper, elle s’est présentée à la table avec son petit air misérable mais a englouti son assiette en trois minutes. Bonne nouvelle ma chérie, je pense que tu es guérie ! Oui maman, ça va mieux.

J’avais la conviction qu’elle m’avait joué du grand théâtre. Mais j’avais tort. Deux jours plus tard, après d’autres maux de ventre, elle m’annonce que c’est arrivé, qu’elle est “dans sa semaine”. Ma petite fille a eu ses premières menstruations.

Bonté divine. Tellement aveuglée par ma perception négative des choses, je n’ai pas vu que ma Drama Queen vivait un des épisodes les plus importants de son adolescence. Je ne suis pas fière. Heureusement, Drama Queen n’a pas entendu tout ce que je me suis dire dans ma tête durant cette semaine. Elle semble aujourd’hui en pleine forme et ravie d’être “dans sa semaine”. C’est bon qu’elle soit en de si bonnes dispositions. Parce qu’après tout, elle a un examen de sciences à étudier.

Publié par : Madame S | janvier 16, 2011

La feuille jaune

Le Docile – “Maman, as-tu signé la feuille jaune ?”

Moi – “Quelle feuille jaune ?”

Le Docile – “La feuille jaune qu’il faut que tu signes pour que je puisse aller à l’activité récompense vendredi prochain”

Moi – “Une activité récompense, encore ?”

Le Docile [début d'exaspération] – “Oui, maman, on va au Mont Avila! As-tu signé la feuille jaune?”

La feuille jaune. Oups.

Si vous avez des enfants au primaire, vous savez de quoi je parle. La tonne de feuille à signer que l’école nous envoie à toutes les semaines. Les sorties de classe, les spectacles, les journées pédagogiques, signez ici, 60$, 40$. Les annonces de la directrice nous avisant qu’une telle s’en va en congé de maladie et que telle autre en revient. Chers parents, prenez note que, et patati, et patata. Et mes enfants ont le don de me sortir leur paquet de feuilles à signer le dimanche soir, à la toute dernière minute, quand l’envie me prend d’aller mettre mon pyjama. Ça fait six ans que ça dure. Ça m’enrage.

Comme vous le savez, j’en perd des bouts ces temps-ci. Il me manque quelques meg d’espace libre sur le disque dur qui vire à 100 miles à l’heure dans ma tête. Je n’arrête pas de penser à mon travail. J’ai tellement de choses à faire, à planifier, à coordonner, à communiquer, j’en rêve la nuit. C’est pas des blagues. Je m’ennuie presque de mon ancienne petite routine du 16e (j’ai bien dit presque).

Alors pensez donc, la maudite feuille jaune, elle s’est retrouvée là où il ne fallait pas, c’est-à-dire au fond du bac à recyclage. Misère. Je ne pouvais pas faire manquer l’activité récompense à mon Docile, lui qui la mérite tant. J’ai donc dû mettre mes bottes et aller dehors, dans le froid, en serrant les dents, pour aller fouiller dans le bac bleu. Misère.

Je l’ai retrouvée, un peu chiffonnée, mais encore tout à fait présentable. L’ai signée et donnée à mon Docile pour qu’il la mette dans son sac avec les autres feuilles signées pour cette semaine. Des bleues, des roses, des blanches.

Une fois en pyjama une heure plus tard, je me suis demandé pourquoi cet épisode m’avait autant irrité. Le stress et la fatigue des dernières semaines sans doute. Le fait que je ne me sente pas en parfait contrôle, que je me retrouve a l’extérieur de ma zone de confort. Oui, toussa.

Puis je me suis dit que dans six ou sept ans, quand les papiers à signer seront d’un autre ordre, comme par exemple les permis de conduire, les formulaires pour les prêts et bourses ou, qui sait, le bail de location d’une chambre dans une résidence universitaire à l’autre bout de la province, je m’ennuierais probablement des jolies feuilles colorées de l’école primaire, quand ma vie, malgré les apparences, était si simple.

Publié par : Madame S | janvier 9, 2011

Demi-billet

Je prends juste cinq minutes pour vous dire que je suis toujours là. Pas morte. Pas en train de vouloir me jeter du haut du pont Jacques-Cartier non plus. En fait, les choses vont assez bien. Ma première semaine dans mon nouvel emploi (va falloir que je trouve un pseudo pour mon nouveau lieu de travail, si je veux respecter mes règles d’anonymat) s’est bien passée. Un peu essoufflante mais globalement positive. Après 12 ans à la même place, je ne me souvenais plus comment ce pouvait être exigeant de changer et de tout réapprendre.

Et en plus, dès le jour 2, je me suis rendue compte que j’aurais à faire face à une problématique particulière dont on ne m’avait évidemment pas parlé avant que j’entre en poste. On m’a engagée pour effectuer un travail qui était réalisé en partie par quelqu’un. Ce quelqu’un, une quelqu’une en fait, se sent lééégèrement frustrée et lééégèrement menacée par mon arrivée. Il faut donc que je manœuvre avec cela tout en essayant d’être efficace dans un contexte par ailleurs relativement stressant, quoique stimulant : la compagnie est à la ligne de départ de la mise en oeuvre d’un plan stratégique quinquennal avec des objectifs très ambitieux de croissance. Me voilà donc dans une drôle de galère comme dirait l’autre. Mais je reste confiante. Un jour à la fois.

Ce week-end, nous sommes allés dans un chalet (le même qu’on avait loué l’an dernier) dans le secteur de Ste-Béatrix. Un très beau séjour quoique qu’il y avait très peu de neige. J’ai faut de longue randonnées en forêt (même pas besoin de raquettes!) et beaucoup de patin sur le lac. Ça m’a fait du bien. Je débuterai donc ma semaine 2 avec une bonne dose d’énergie.

Je vous laisse ici. J’ai encore deux brassées de lavage qui m’attendent [soupir].

Publié par : Madame S | janvier 2, 2011

Demain, le début

Eh oui, on est déjà rendu au bout des vacances. Demain matin, je rentre au travail, Jour 1 de ma nouvelle vie professionnelle. J’ai hâte et, bizarrement, je ne me sens pas stressée. Est-ce de l’inconscience ou simplement le fait que tout devient plus facile (et beaucoup moins dramatique) en vieillissant ? J’aimerais dire que c’est la maturité mais on verra bien. Je vous en reparlerai demain soir !

Les vacances se sont bien terminées: un souper entre amis, deux soirées improvisées avec les cousins de l’Époux et le souper du Jour de l’An avec les beaux-parents. Comme vous, j’ai trop mangé et je me suis promis prendre une pause d’alcool pour au moins… une semaine. Et comme vous aussi, je me suis couchée beaucoup trop tard et levée aux heures adolescentes. Si bien que je ne sais pas comment je vais bien pouvoir aller au lit avant minuit ce soir. J’espère ne pas avoir l’air trop blême demain avec mes nouveaux collègues.

Je vous laisse donc en vous souhaitant que 2011 soit à la hauteur de vos rêves. Et je vous reparle très bientôt. Bises à tous et toutes en ce début d’année.

Publié par : Madame S | décembre 28, 2010

Mange, prie, lâche prise

Une journée de perte de temps, une journée de pas perdus. Et même si c’était une journée de vacances, je me sens un peu vidée. Elle a commencé après deux petits cafés et des toasts avec un restant de baguette. On a pris la route pour IKEA pour aller trouver quelques inspirations pour le sous-sol. On veut aménager les chambres “teenagers” de nos ados et, peut-être, acheter un canapé neuf pour leur salle de jeux devenue salle de Wii et de couch potating. Ça nous prend un modèle sur lequel ils peuvent s’évacher à satiété, le dos bien à l’horizontale. Et pas trop salissant vu leur penchant de plus en plus affolant à manger à toutes les vingt minutes.

Drama Queen n’a pas voulu suivre (bien que ce soit elle qui soit la plus intéressée par les décisions déco) car trop bien enroulée dans ses couvertures. On a donc filé vers la Rive-Sud avec le Docile sur la banquette arrière.

IKEA est une abomination durant les vacances. À chaque fois que j’y vais, j’ai toujours l’impression que la grande région métropolitaine s’est donné rendez-vous. D’où ça vient tout ce monde-là ? La population du Québec veut refaire sa cuisine, son salon, sa salle de jeux devenue salle de Wii ? En té-cas, ça nous a pris un gros deux heures pour en faire le tour, poussettes et grands-mères n’aidant pas. On a pris beaucoup de notes avec nos demi-crayons; on a vu quelques modèles intéressants qu’on viendra (peut-être) acheter si on trouve le courage car une fois rendus à la caisse, ouf ! vous auriez dû voir les files d’attente qui s’étiraient jusqu’aux plantes vertes.  Je me suis trouvé bien nouille d’attendre autant pour passer une petite carpette, deux moules à glace et une bouteille d’huile à bois pour la planche à légumes. Misère.

On est finalement sortis de là avec l’estomac dans les talons. Mais les restaurants du coin étaient tous bondés. On a donc filé un peu sur l’autoroute pour s’arrêter dans un fast-food. Beurk, manger de la scrap à deux heures de l’après-midi, c’est pas une bonne idée pour refaire le plein d’énergie.

Revenus à la maison, l’Époux m’annonce qu’il s’en va chez Nautilus (mouahaha ! il avait la poutine coupable !). J’ai donc passé le dernier petit deux heures de l’après-midi à visionner un de mes vieux films préférés: Sur la route de Madison, avec Meryl Streep et Clint Eastwood. Ce qui ne m’a remonté ni le moral ni le niveau d’énergie. Je pleure à chaque fois que je vois ce film.

On a fait un souper pour les enfants car l’Époux et moi travaillions encore sur notre scrap de 14h00. Et en plus, nous avions un rendez-vous avec notre psychologue qui, comme vous le savez, nous aide à reconstruire notre relation avec Drama Queen. C’était d’ailleurs un rendez-vous bien spécial, la première rencontre “à trois”. Le psychologue voulait (enfin) la rencontrer et voir comment on interagissait avec elle.

Et bien ça n’a jamais eu lieu. Madame a refusé de venir. Pourquoi ? (on lui a demandé une bonne dizaine de fois). “Paaaarrrrssssss quuuuueeeeee”. “Parce que”. “Ça. ne. me. tente. pas.” Pourquoi ? “Parce que”.  “J’ai pas le goût, bon !”.

On y est allés bredouilles, avons encore tourné autour des mêmes discussions, effectué les mêmes constats. Pour vous résumer notre démarche: on a beaucoup de difficultés à construire notre relation avec elle. On quitte toujours le bureau du psy avec de bonnes intentions mais tout se met à déraper à un moment donné. Ce soir, il nous a demandé de lâcher prise, au moins sur les échecs scolaires de Drama Queen. Il faut qu’on se concentre davantage sur notre relation avec elle. Sans relation forte avec sa famille, elle n’ira nulle part. 

Je suis donc revenue à la maison avec un immense sentiment de vide.  J’avais un peu faim, mais pas assez pour manger une pleine assiette. Je me suis donc coupé quelques tranches du restant de baguette du matin. Back to square one. Indeed.

Et là, juste avant de vous écrire ce billet, je m’aprêtais à vouloir finir ce maudit livre qui traîne sur ma table de chevet depuis des semaines. Mange, prie, aime. Et j’ai décidé de lâcher prise. Je n’aime pas ce roman. Ce n’est même pas un roman. C’est un récit. Le récit insignifiant d’une femme insignifiante qui cherche quelque chose que je n’ai pas la patience de découvrir. 

J’entame donc L’Ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon. Je vous en reparlerai

Publié par : Madame S | décembre 26, 2010

Lendemain de Noël

Le lendemain de Noël est ma journée préférée de l’année. Après le réveillon du 24 et le souper du 25, après trop de petites sandwiches pas de croûte (cette année, on a choisi le traiteur plutôt que les mets traditionnels), j’apprécie tellement cette journée de cocooning. Un peu de ménage pour ramasser la maison, un apéro tranquille au salon avec le Docile pour écouter Ciné Cadeau à Télé Québec. Ils nous passent (encore) les Astérix. C’est vraiment une journée bénie.

Ce soir, l’Époux et moi, on va visionner un film que j’ai loué sur iTunes. On va se coller dans le lit devant l’écran du iPad pour regarder Piché, entre ciel et terre. On va peut-être se faire un petit Limoncello dans un mini-verre en chocolat. C’est le 26. Tout est permis.

Il me restera ensuite 7 jours pour me préparer mentalement à ma nouvelle job qui m’attend le 3 janvier. Sept jours que j’espère reposants et récupérateurs.

C’est la grâce que je me souhaite.

Et vous, comment se passe votre 26 ?

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